Bernard refuse de se faire dégonder

La politique a cela d'étonnant qu'il faut maintenant être célèbre et médiatisé pour intéresser les puissants, ces derniers espérants sucer chaque gramme de notoriété passant à porté de tir d'un sondage Soffres BVA.
Bernard Laporte, exemple même de l'explosion champignonnière médiatique, est à juste titre un parfait candidat à la peopolitique. Profitant du regain d'intérêt pour le sport aux "idéaux propres" qu'est le rugby, on entend maintenant son accent chatoyant jusque dans l'assemblée, autre type de vestiaire où le bleu du maillot vire bleu-roi, mais où les odeurs d'après match restent toujours aussi chargées. Seulement voilà, en juste quelques jours l'homme autant que "les idéaux propres", sont sujet à discussion. Et il y a de quoi. A l'heure où les casseroles qu'il traine aux fesses forme désormais une belle batterie de cuisine, certains ne se gênent pas pour y mijoter de bons petits plats bien salés.
Mais ce qui est nouveau, c'est qu'il ne s'agit là en rien de manœuvres de l'opposition. Opposition d'ailleurs qui se demande encore contre quoi s'opposer, dans le mesure où elle aussi procède de la même manière (pour ne s'intéresser qu'aux sportifs, on citera Noah ou Thuram pour le PS ou même Serge Simon (the référence of rugby for me) qui vote Royal, on a Vikash Dhorasoo pour le PC et même Djamel Bourras investi pour le MoDem)... Et les dérives sport/politique ne sont pas récentes. Un très bon article de Jean-Marie Brohm, Marc Perelman et Patrick Vassort tissait déjà des liens bien crasseux entre Olympisme franchouillard et star des urnes hexagonales... et c'était en 2004.
Non, ce qui est nouveau c'est le système kleenex consenti de ces absorptions de notoriété des sportifs pour les dézinguer ensuite de l'intérieur. La première à claquer Laporte dans la gueule fut bel et bien Roselyne Bachelot, lui rappelant "que la question d'un ministère, ce n'est pas que ça plaise ou pas" lorsque le petit Bernard entre deux pubs pour Madrange ou les rasoirs Bic expliquait qu'il arrêterait la politique si ça ne lui convenait plus. On s'amuse aujourd'hui à semer des épouvantails fusibles volontaires (car on ne me fera pas croire que Laporte blindé au point de ne pas voir plus loin que le bout de son nez, son rôle éminemment éphémère de strapontin de banc de touche). Qu'il y ait derrière des accords prévus dès le départ pour une fin de carrière rapide après plaquage aux dessus des épaules est une évidence. Un Cécilia-like, en somme.
Mais ce qui est encore plus drôle ici, c'est que les costumes dépassant parfois la carrures des bonshommes, l'inverse est aussi vrai: Laporte ayant l'orgueil de l'homme qui s'est "fait tout seul", me donne l'impression de pouvoir sortir de ses gonds si on tire trop sur la poignée.
Bref, de là à ce que l'opposition soutienne d'ici peu un dissident du plan Sarkosy en mal de reconnaissance désirant en croquer plus que prévu, il n'y pas loin...
En guise de conclusion, une vision bien personnelle de Jacno, qui nous met en garde contre le sport en général: le sport, c'est de la merde...










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