jeudi 8 novembre 2007

Perdu de recherche


Si les présidentielles ont fait émerger nombre de personnalités de second rang, nouvelles fraiches, rayonnantes, autant que bien souvent bidon, elles ont aussi contribué à enterrer pas mal de vieux croulants qui n'attendaient plus rien de la vie, sinon l'oubli sobre et à peu près honorable de leur médiocre personne. En gros, on fait plus de photos de Rama Yade ou de Bernard Laporte, que d'articles sur Emmanueli, Lang ou Fabius. Pas de facebook ou de copains d'avant pour nos amis éléphants. Ils errent dans le désert aride d'un PS asséché... Et cela est vrai aussi pour les autres groupes politiques. Une génération s'en va sans bruit, peu à peu. Et c'est moche.

Seulement, ses anciens généraux importants et puissants, s'ils n'ont clairement plus la cote, ils ne sont pas pour autant remplacés par de nouveaux grands. On peine à chercher des leaders frais et efficaces. Mais c'est pas nouveau, vous me direz. Certes... Mais ce trou devient vraiment gênant. D'autant qu'aujourd'hui, on ne cherche plus le même type de conducteur de car, on se contente d'éviter les chauffeur polonais...

En effet, là où il y a du neuf, c'est dans le type de personnage que l'on a vu émerger. Et que l'on va continuer à voir sortir du bois dans les semaines prochaines (certainement en même temps qu'une dernière tentative de retour des vieux croulants pour les municipales de Mars). Les nouveaux leaders sont d'une autre espèce. Plus véritablement chefs de file ou dirigeants d'un courant idéologique, on cherche des spécialistes techniques, des personnes capables de dénouer les sujets européens, du chômage ou de l'environnement. Finis les rois de la com à effet de manche et langue de bois assis sur un pseudo hommage ou une pseudo légitimité de 25 ans de lutte autour de vrais sujets et évènements sociétaux majeurs. Les citoyens, cyber informés et désireux d'un renouvèlement rapide (on n'en peut plus de ces aux revoirs sans fin!) veulent des cadres sur d'eux et non encroutés dans la vase d'anciennes réponses à d'anciens problèmes. On veut aussi des gens qui ressemblent à la société telle qu'elle est aujourd'hui: cosmopolite et mixte... Finis les énarques débarqués de nulle part. On y vient doucement, mais on y vient, justement par cette spécialisation technique indispensable...

Et dans cette idée qui fait de plus en plus son chemin, il n'est pas idiot de s'intéresser à des valeurs montantes. des gens qui assurent, semblent assurer ou pourraient bien assurer de futures fonctions liées directement à leurs connaissances et reconnaissance spécifiques. Aujourd'hui, on s'intéresse à un bon gars, Thomas Piketty. Personnellement, c'est un de mes chouchous.


Je vous colle la présentation de Wikipédia:
École normale supérieure et de la London School of Economics, il a été enseignant au Massachusetts Institute of Technology (de 1993 à 1995) et membre du Conseil d’analyse économique (de 1999 à 2003). Il est actuellement chercheur à l’École d'économie de Paris (PSE) (qui regroupe l'ex-DELTA, le CERAS et le CEPREMAP), directeur d'études à l'EHESS et directeur du département de sciences sociales de l'ENS.
Ses recherches sont concentrées sur les problèmes d'inégalité économique et de pauvreté, où il s'est distingué par des études sur l'historique de plusieurs pays. Il a également travaillé sur les baisses des charges sur les bas salaires.
Il a obtenu en 2002 le « Prix du meilleur jeune économiste de France », décerné par Le Monde et le Cercle des économistes.
Piketty est éditorialiste pour le journal Libération, et a publié occasionnellement des tribunes dans Le Monde. Il a participé à la commission économique du Parti socialiste de 1995 à 1997 ; lors de la campagne présidentielle 2007, il s'est engagé en faveur de Ségolène Royal, dont il était conseiller économique.
D'après la liste arrêtée au 11 novembre 2003, il est membre du Comité d'orientation scientifique de l'association À gauche en Europe fondée par Michel Rocard et Dominique Strauss-Kahn.
Il a été, sur une courte période, le premier directeur de l'École d'économie de Paris, sise boulevard Jourdan à Paris, après avoir consacré trois ans à sa création. Il a quitté la direction le 20 mars 2007, en conséquence de son engagement dans la campagne électorale pour Ségolène Royal.

Juste pour vous faire une idée, voici ce que ça donne quand des spécialistes, des mecs qui savent de quoi ils parlent avec assez d'intelligence pour savoir s'exprimer, débattent avec des mecs qui ont appris de la com et juste de la com, sans rien de musclé à l'intérieur des arguments...
Piketty, je te kiffe.




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